Un farfelu conte de fées

Il était une fois, Sophichette, une petite Fée du Froid bien affligée, qui déambulait dans le royaume de Farchinul, une contrée fabuleusement peuplée.

La jeune fée était malheureuse, car peu satisfaite de la fonction qui lui était affectée. Une fraîcheur l’accompagnait partout où elle s’en allait flotter. Elle pensait autrefois que cette faculté lui serait bénéfique, car tout le monde devait affectionner comme elle, la farandole des flocons qui déferlent du ciel dans un bruissement feutré. Ce qu’elle n’avait pas imaginé, c’est que lorsqu’il fait frisquet, c’est dans les foyers que les gens viennent à se réchauffer et qu’elle n’est fatalement pas invitée. Sophichette aimerait au moins qu’on la salue, mais tout le monde se sauve à sa venue. Refoulée de toutes parts, elle en avait assez de ce royaume de tocards. Elle quitta son terroir pour un nouveau départ.

Après deux jours et deux nuits sans s’arrêter, la petite fée était essoufflée et le sommeil vint l’habiter. C’est dans le creux d’une falaise qu’elle trouva où se calfeutrer. À tâtons dans la pénombre, elle s’enfonçait dans la fissure, s’éraflant légèrement la peau sur les épontes obscures.

Soudain, une sensation différente se fit sentir sur sa paume. Sophichette effleura l’objet pour tenter de deviner à quoi il servait. Sous ses doigts se dessinait un drôle de cylindre, sur lequel se trouvait une sorte d’appendice et une anse à l’opposé de celui-ci. La texture et la forme étaient nouvelles pour la jouvencelle. Tans pis pour la sieste se dit-elle, trop curieuse d’inspecter sa trouvaille au soleil. Elle rebroussa alors chemin avec finesse et c’est sur le rebord du seuil qu’elle déposa ses fesses.

À sa grande surprise, c’était une petite cafetière qui était enfermée dans les pierres. Intacte, sans une ébréchure, elle pouvait encore servir c’est sûr ! Une idée surgit alors dans la tête de Sophichette. Si elle offrait des cafés chauds, elle se ferait des amis illico ! Mais d’abord, au dodo et après un bon repos, la Fée du Froid volera vers un lac pour remplir d’eau le réceptacle.

Elle dormit tout le long du jour, bien profond et ce n’est qu’au crépuscule, qu’elle leva son fion. C’est à la lueur de la pleine lune qu’elle franchit la charmille par-delà laquelle coule un fleuve. La fée plongea immédiatement sa cafetière dans l’eau, mais dans un sursaut, le liquide jaillit bien haut et se matérialisa en un monstre à tête d’oiseau qui se présenta aussitôt :

Hello Ma Brave !

Je suis Faucon Futé,

le Génie de la Cafetière !

Je connais tout sur ce monde et ses contrées,

il n’existe pour moi, aucun secret sur ces terres.

Toi qui m’as trouvé désormais je t’appartiens.

Dès que tu me remplis d’eau, j’interviens.

Je t’accorde trois questions mon amie.

Il n’y a pas de temps imparti.

C’est à toi de voir,

si tu as besoin de mes pouvoirs.

La fée fixait le génie, comme foudroyée de surprise. La famille de Sophichette, lorsqu’elle était encore fillette, lui avait conté la particularité dont les génies animaliers sont dotés. La bonne fortune ils pouvaient apporter si l’on se montrait très rusé. Sophichette n’était pas bien sûr d’être aussi maligne, mais elle pouvait tenter de structurer quelques lignes. Elle se mit à réfléchir bien fort afin de dégoter la formulation la plus avisée, ou du moins celle qui avait le plus de chance de l’aider.

Le jour pointait le bout de son nez, Sophichette n’était toujours pas décidée et Faucon Futé commençait à s’impatienter. Il avait d’autres chats à fouetter, l’entrevue pouvait être déplacée. Le stress assaillit la fée qui s’affola aussitôt. Se sentant prise au dépourvu, elle bafouilla ces quelques mots :

Oh toi Faucon Futé,

Génie de la Cafetière,

répond à ma prière,

je t’en saurais gré !

Le froid m’a apporté la misère,

dis-moi comment réchauffer

mon cœur esseulé ?

Faucon Futé se redressa, ne s’attendant pas à cela. Il ignorait qu’une petite fée pouvait avoir autant de tracas. Le génie la rassura, car il connaissait une solution pour la sortir de l’embarras.

Mon amie,

tu peux sécher tes larmes,

cette issue que je te fournis

te redonnera ton charme.

Il existe un moyen en ce monde

de changer ta nature profonde.

Va par delà la Mer Caftas,

et trouve le peuple des Dodossier.

Le chef Dodominic t’indiquera

la procédure à effectuer.

À ta première question, j’ai répondu.

Que la chance te soit pourvue !

À ces mots le génie disparut, laissant la fée sur le cul, car l’espoir en elle avait réapparu ! C’était le début des aventures de la petite ingénue.

M.D

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